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L-Aliyah

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  L'Aliyah

L'Etat d'Israël sera ouvert à l'immigration juive et au rassemblement des exilés ; il encouragera le développement du pays pour le plus grand profit de l'ensemble des habitants ; il sera fondé sur la liberté, la justice et la paix telle que l'ont envisagée les prophètes d'Israël...

Extrait de la Déclaration d'indépendance d'Israël 1948



L'aliyah le rassemblement des exilés est l'aspiration fondamentale du sionisme et de l'Etat d'Israël. La Loi du Retour (1950) qui confère à tout juif le droit d'immigrer en Israël et d'y devenir citoyen, a été votée pour donner un contenu concret à cette cause. Depuis l'indépendance de l'Etat, plus de deux millions et demi d'immigrants sont arrivés dans le pays ; leurs compétences et leurs talents ont constitué un apport incommensurable à la vie économique, scientifique, universitaire et culturelle du pays.


POURQUOI VIENNENT-ILS ?

Les raisons pour lesquelles les juifs immigrent en Israël s'enracinent profondément dans l'histoire, la foi et le psychisme du peuple juif. Selon les textes hébraïques, Dieu a donné le Pays d'Israël à Abraham et à ses descendants à tout jamais. Le juif croyant considère donc le Pays comme le patrimoine religieux/national du peuple juif et comme un privilège particulier le fait d'y habiter.

Le sionisme moderne, un mouvement politique qui date maintenant de plus d'un siècle, prônant le retour des juifs exilés dans leur patrie historique, n'est que l'aspect laïc d'une même réalité : inspiré par un mélange de nationalisme du XIXe siècle et des siècles de sujétion et d'oppression, le sionisme considère Israël comme la patrie juive un endroit où tous les juifs peuvent exprimer pleinement leur identité et trouver un refuge pour les persécutés.

Les deux approches se sont conjuguées pour faire de la vie en Israël l'affirmation ultime de la judéité, et l'immigration est considérée par de nombreux juifs et Israéliens comme un geste admirable et digne d'éloge. Le mot hébreu désignant l'immigration (aliyah) signifie ascension ou une élévation spirituelle. Contrairement à la plupart des autres nations où l'immigration est découragée, limitée et les immigrants considérés comme des citoyens de second ordre Israël non seulement accueille favorablement ses nouveaux arrivants mais se réjouit avec eux. Il cherche intentionnellement à les attirer en leur proposant des programmes de recyclage professionnel, d'aide au logement ainsi que des exemptions fiscales. Un déclin des chiffres d'immigration est source de préoccupation nationale.


QUI ARRIVE ?

De très loin, les chiffres d'immigration les plus importants concernent des pays que les Israéliens qualifient de "pays en détresse" où les juifs sont mal vus, brimés ou activement persécutés. Pendant ses 50 ans d'existence, cependant, Israël a aussi accueilli des centaines de milliers d'émigrants du monde libre animés principalement par l'idéalisme. Durant cette période, quelque 200 000 personnes ont immigré en Israël en provenance d'Amérique et plus du double en provenance de l'Europe occidentale (sans compter les rescapés de la Shoah).

Les premières années de l'Etat. L'afflux principal d'immigrants en Israël s'est produit au cours des trois premières années de l'Etat. Entre 1948 et 1951, 688 000 personnes arrivées ont plus que doublé la population juive du nouveau pays. Près de la moitié venaient de l'Europe d'après la Shoah, de ses camps de personnes déplacées, ses centres de détention et ses communautés détruites. La plupart des autres provenaient des pays islamiques d'Afrique et du Moyen Orient où la création de l'Etat d'Israël les avait mis en péril.

Israël a aidé autant qu'il le pouvait. Marseille par exemple devint l'une des plaques tournantes des immigrants européens. Tandis qu'ils attendaient les bateaux, Israël, par l'intermédiaire de l'Agence juive, aida à loger et nourrir les immigrants, ainsi qu'à leur enseigner l'hébreu. En mai 1949, lorsque l'imam du Yémen accepta de les laisser partir, les avions israéliens ramenèrent chez eux 45 000 sur les 46 000 juifs de ce pays, au cours de la légendaire Opération Tapis volant. En 1951, au cours d'un autre pont aérien magistralement organisé l'Opération Ezra et Néhémie 121 000 juifs furent acheminés d'Irak vers Israël, mettant ainsi fin à 2 500 ans de vie juive dans ce pays arabe. La vie juive en Libye prit fin cette même année avec l'émigration en Israël de ses 32 000 juifs.

Israël accueillit ce flot humain dans 123 camps de transit, 260 nouvelles localités et 78 000 unités de logement. Au milieu des années 1950, presque tous les nouveaux arrivants disposaient d'un logement permanent.

Les années 1950 et 1960. Au cours des années 1950, les caractéristiques de l'immigration commencèrent à changer. Les portes de l'Europe de l'Est étaient closes et le centre de gravité se déplaça vers l'Afrique du Nord. Le Maroc, l'Algérie et la Tunisie, qui venaient d'accéder à l'indépendance, s'en prirent à leurs communautés juives. Entre 1952 et 1964, quelque 240 000 juifs nord-africains arrivèrent en Israël. Ils étaient certes les immigrants les plus nombreux, mais d'autres arrivaient aussi de Hongrie, de Roumanie, de Pologne, d'Egypte, d'Iran, d'Inde et d'Amérique latine.

Au milieu des années 1960, Israël avait érigé 448 nouvelles localités et 25 nouvelles villes. Son agriculture était florissante et son industrie en plein essor. La production avait augmenté de 50% et le rythme de construction était l'un des plus élevés du monde. Les immigrants étaient désormais hébergés directement dans des appartements et non plus dans des camps de transit, et 28 000 d'entre eux apprenaient l'hébreu dans 74 oulpanim (cours intensifs de langue) dans l'ensemble du pays.

De 1967 aux années 1970. La victoire d'Israël dans la guerre des Six Jours de 1967 fit monter en flèche l'immigration après le déclin du milieu de la décennie. Au cours des trois années qui suivirent la guerre, 23 900 personnes arrivèrent d'Europe occidentale et 17 900 des Etats-Unis. La guerre éveilla aussi une prise de conscience chez les 2 500 000 juifs d'Union soviétique. La détente aidant, il s'ensuivit une nouvelle vague d'immigration : vers la fin des années 1970, 140 000 juifs soviétiques avaient émigré en Israël.

Les années 1980 et 1990. La libéralisation en URSS et son effondrement en 1991 ouvrirent les vannes de l'émigration. Entre 1989 et 1996, près de 700 000 juifs émigrèrent de ce pays en Israël où ils constituent désormais le groupe national le plus important du pays. Au cours de ces mêmes années, l'ancienne communauté juive isolée d'Ethiopie fut accueillie en Israël. Une mission secrète de sauvetage amorcée par Israël au milieu des années 1970 pour évacuer les juifs d'Ethiopie, menacés par la disette et la guerre civile, aboutit à deux grands ponts aériens. De novembre 1984 à janvier 1985, un pont aérien secret de 45 jours, nommé Opération Moïse amena en Israël 8 000 juifs d'Ethiopie. Il fut suivi en mai 1991 de l'Opération Salomon au cours de laquelle Israël achemina par avion, en 36 heures, les 14 200 juifs restants dEthiopie, portant ainsi la communauté juive éthiopienne en Israël à 56 000 personnes.

Au début des années 1990, Israël réalisa également d'autres opérations de sauvetage de moindre envergure, mais non moins audacieuses, pour évacuer les communautés juives de la Géorgie ravagée par la guerre, de Moldavie, du Tadjikistan, de l'ex-Yougoslavie et de Tchétchénie. Il a enfin réussi à ramener sains et saufs en Israël la quasi totalité des derniers membres des communautés juives de Syrie et du Yémen.

Les années 1990 et au-delà. Aujourd'hui, comme il y a 50 ans, les immigrants continuent à se rendre en Israël, et le pays continue à les accueillir. Ceux du monde libre sont attirés aujourd'hui non seulement par leur foi ou par leur sionisme, mais également par le mode de vie et les perspectives d'emploi dans la nation moderne qu'est devenue Israël.

Il existe encore des "pays de détresse" comme la région du Transdniestr en Moldavie, le Tadjikistan, l'Ukraine, l'Azerbaïdjan et certains pays arabes et Israël observe soigneusement le sort des communautés juives qui s'y trouvent encore.


LINSTALLATION

Les spectaculaires missions de sauvetage de dernière minute ne sont que le début d'un processus. Il faut ensuite trouver un endroit où habiter, étudier et travailler, apprendre l'hébreu et s'adapter à la bruyante démocratie et à la société dynamique, multi-culturelle et multi-ethnique qu'est aujourd'hui Israël. Le pays a 50 ans d'expérience dans l'accueil des immigrants. Les erreurs commises dans l'intégration des Yéménites, dans les années 1950, et celle des Nord-Africains dans les années 1960 ont été identifiées et il faut l'espérer rectifiées, au moins en partie, avec les Ethiopiens et les Russes dans les années 1980 et 1990. Le processus n'est pas encore parfait mais les juifs qui arrivent dans l'Etat hébreu de leur plein gré ou contraints par les circonstances sont accueillis, aidés, fêtés et par la suite intégrés à la mosaïque bigarrée de l'Israël moderne.

Parallèlement à l'éducation et à la sécurité, la raison d'être de l'Etat d'Israël continue à être l'aliyah.


Immigrants par
continent
1948-1996
 
Europe   58%
Afrique   18%
Asia   15%
Amérique & Océanie   8%
Inconnu   1%
 
Immigrants par
année d'immigration
1948-1996
 
1948-51   688 000
1952-59   272 000
1960-69   374 000
1970-79   346 000
1980-89   154 000
1990-96   737 000
 
 
 
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Voir aussi
   aliya et intégration
External links
  homeward bound: immigration and settlement
  immigration
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